Après plusieurs années dans le monde des médias, j’ai franchi le pas pour rejoindre le monde des startups, et pas n’importe laquelle: GoMyCode, l’un des fleurons en la matière en Tunisie, qui jouit d’une bonne réputation.

Cependant, quand on m’a contacté pour rejoindre cette aventure, je me suis posé la question suivante: “Est-ce un grand risque que je prend en rejoignant une startup?”.

En effet, qui dit startup dit nouvelle entreprise en phase de lancement ou de développement. Il ne s’agit donc pas d’une entreprise présente depuis longtemps sur le marché, qui le connaît et le maîtrise parfaitement et dont la pérennité sur le long terme n’est pas forcément assurée.

Autre point, les startups ne sont, pour la plupart, pas structurées de la même manière qu’une entreprise, du moins au départ. Bureaux open-spaces, profils multi-tâches, horaires flexibles… Bref un bordel créatif, qui peut-être au départ assez troublant voire déroutant.

Mais est-ce aussi risqué que de travailler dans une entreprise clairement établie depuis plusieurs années? Pas certain. 

Si les employés de ces entreprises apprécient la sécurité de leur emploi et l’on pense -à tort ou à raison- que leurs postes sont enviables, cela n’est pas réellement le cas puisque le turnover est tout aussi présent. 

Il n’existe pas de chiffres officiels en Tunisie sur le nombre d’années passées en moyenne dans une entreprise. Aux Etats-Unis, un salarié passe en moyenne 4,2 ans dans une entreprise avant d’en changer. 

Un chiffre décalé par rapport à la sacro-sainte idée de la “sécurité” qu’octroie une entreprise déjà bien établie.

En Tunisie, d’ailleurs cette notion de sécurité prend encore plus de sens lorsque l’on connaît souvent la précarité de certains emplois, les bas salaires offerts ou encore la pression exercée. 

La solution réside-t-elle dans les startups?

demo day

Si l’on garde à l’esprit que la notion de sécurité de l’emploi est aujourd’hui partout remise en cause et que vous vous accordez sur le fait que le risque est inévitable, alors vous pouvez réfléchir sereinement à ces opportunités susceptibles de faire avancer votre carrière, et c’est là que les startups peuvent représenter une solution.

En effet, le propre d’une startup, c’est de commencer petit et de pouvoir avancer rapidement pour peut-être réussir. Travailler dans une startup, c’est donc la possibilité d’abord de pouvoir toucher à tout (car compression des ressources humaines et donc être multi-tâches) mais surtout de pouvoir voir rapidement le résultat de ces efforts dans l’évolution de la startup. Vous vous retrouverez ainsi, non pas un maillon quelconque de l’entreprise, mais un profil à part entière au sein d’un cocon appelé à évoluer.

Vous serez ainsi constamment soumis à de nouvelles compétences, que vous apprendrez au fur et à mesure développant ainsi vos capacités et vous permettant d’avoir sans cesse de nouveaux défis dans votre carrière. Bref un véritable coup de fouet parfois nécessaire pour sortir de sa zone de confort et continuer à se surpasser et à appréhender le monde du travail avec curiosité. 

Travailler dans une startup: Une chape de plomb sur la tête des employés?

Cependant travailler dans une startup est-ce toujours l’Eldorado promis? Est-ce un gage d’épanouissement?

GoMyCode a contacté plusieurs jeunes tunisiens qui travaillent dans différentes startups ou grandes entreprises pour avoir leurs sentiments. 

Pour Machaer, qui travaille à GoMyCode, “même si c’est risqué de travailler dans une startup, la vie, entière, est faite pour prendre des risques”.

Pour elle, le cadre est propice pour grandir et évoluer en même temps que la startup, ce qui n’est pas le cas dans une grande société où “tout est déjà figé et difficilement ébranlable”. Même son de cloche du côté de Rahma, qui pour sa part trouve le monde des startups “plus jeune, plus fun, plus cool, plus speed”.

Pour Hédi, 28 ans, qui travaille dans une grande société spécialisée en Ressources Humaines, le monde des startups manque justement de “cadre structuré”: “Travailler dans une structure totalement ‘figée’ a aussi son avantage. Chacun sait ce qu’il doit faire et ne sort pas du cadre de ses compétences. De l’extérieur, j’ai l’impression que les startups sont toujours portées par une seule ou deux personnes qui font tout”.

Si la question de l’organisation revient avec insistance, celle-ci sous tend également la question de la flexibilité: “Dans une startup tout est flexible contrairement à une grosse entreprise. Vous pouvez pousser la porte de votre CEO, lui expliquer votre idée, la débattre et la voir se concrétiser. Cela est presque impossible dans une entreprise” explique Héla, 33 ans.

Celle-ci a déjà travaillé dans deux startups avant de lancer la sienne: “Mais avant tout ça, ma première expérience a été dans une grande entreprise bancaire en Tunisie. Quand on est passionnée de digital comme moi et que je vois ce qui se passe dans d’autres pays, cela a été très frustrant. Pourquoi? Même si vous avez l’idée la plus géniale du monde, capable de rapporter des millions de dinars, la structure est tellement lourde, administrative, lente, que soit l’on vous dissuade, soit elle n’arrive jamais à qui de droit”. 

C’est pour cette raison qu’après 2 ans, elle a décidé de rejoindre le monde des startups: “J’avais une légère appréhension quand un de mes amis m’a contacté pour l’aider à réfléchir à une stratégie digitale pour sa startup. Dans mon esprit, c’était: ‘ok, c’est donc un emploi temporaire, le temps de mettre en place la stratégie et puis je devrais retrouver un emploi’ “.

Mais en réalité, Héla s’est surprise à apprendre de nouvelles choses et à développer ses compétences pour finalement occuper de nouveaux postes: “Nous sommes dans de petites structures avec chacun un champ de compétences précis, et donc en échangeant ensemble on apprend des autres. J’ai par exemple beaucoup appris sur la stratégie de levée de fonds ou encore les ressources humaines et eux ont beaucoup appris sur les différentes stratégies digitales. On se retrouve malgré nous, tous, impliqués dans l’ensemble du processus, et ça, c’est la chose la plus valorisante que j’ai vécue professionnellement. C’est pour cela que je n’ai pu, par la suite, quitter le monde des startups”.

Pour Yahya Bouhel, CEO de GoMyCode, une startup n’est pas une entreprise comme les autres, elle doit répondre notamment à la devise développée par Y Combinator, entreprise américaine de financement précoce de startups “Make Something People Want”.

“Une startup a pour but de créer de la valeur ajoutée à travers les produits ou services qu’elle propose. Pour les employés, c’est exactement la même chose: la startup leur apporte une valeur ajoutée. Ils sont consultés sur la plupart des choses, expriment leurs avis, demandent à en savoir plus, à être formés et ça permet finalement parfois à certaines personnes de trouver réellement leur voie” affirme Yahya.

“Il ne faut pas percevoir la startup comme un risque mais comme une opportunité. Bien gérée et quand tout le monde tire dans le même sens, les perspectives d’évolution sont extrêmement rapides. Il suffit juste de regarder la moyenne d’âge de notre équipe et les postes qu’ils occupent pour le comprendre” conclut-il.

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